Durant notre conversation, Dr Anne Simon me propose un exemple concret. Suivons le cheminement de la pensée et le miracle de l’investigation
Comment la pensée se construit-elle ?
Si je vois mon voisin qui se gare devant mon portail, cela m’énerve. C’est devant MON portail, mais c’est la rue. La rue appartient à tout le monde, il a vraiment le droit de se garer là mais, c’est un devant mon portail donc il pourrait se garer un peu plus devant sa maison tout de même.
Donc je je suis pas contente, je vais sur le balcon, je me dis mais vraiment ce voisin il est envahissant.
Alors je vais le regarder de haut. Je vais peut-être jeter un regard qui va être agressif.
Il va me voir.
Et il va claquer sa portière et cela me confirme ce voisin, il est vraiment envahissant.
Et donc ce que je ne vois pas c’est qu’au départ : c’est ma pensée « Ce voisin est envahissant » qui provoque tout cela.
Et cette pensée je ne la vois pas

Elle va entraîner une émotion de colère – de peur d’être envahie.
Et puis des réactions, des mouvements de ma part, un soupir : ohh fff
On montre notre désagrément.
Et l’autre, en face, il répond de manière agressive. Et cela nous confirme notre pensée.
C’est une espèce de cercle vicieux qui nous confirme notre pensée initiale, donc ce n’est pas simple.
Ce qu’il faut investiguer alors : « Ce voisin est envahissant » : Est-ce que c’est vrai ?
Le miracle de l’investigation de la pensée
Nos pensées, toutes les pensées qui nous stressent, elles méritent d’être investiguées. Elles méritent d’être interrogées en se demandant :
Est-ce que c’est vrai cette histoire ?
Et donc là on peut utiliser l’outil de déconstruction des pensées avec le travail de Byron Katie.
- Est-ce que c’est vrai ?
- Puis-je savoir de manière absolue que ce voisin est envahissant ?
- Comment je réagis quand je crois qu’il envahit ?
- Qui serais-je sans cette pensée ?

Comment je réagis quand je crois qu’il envahit ?
Ben je soupire. Il m’énerve. Je me dis : « Ah bon ? … Mais c’est comme la fois dernière… Oh puis si ça continue comme ça… »
Comment je le traite ? Je n’ai pas envie de le connaître, c’est sûrement pas lui que je vais inviter à l’apéro.
Et comment je me traite moi ? Ben je crois que je possède une place de parking devant la maison qui appartient à la municipalité d’ailleurs et non à moi. Mais moi, je me sens vraiment envahie dans un territoire qui finalement ne m’appartient même pas.
Et je suis privée de paix à ce moment-là.
Qui serais-je sans cette pensée ?
Si je ne crois plus qu’il est envahissant ? Je vois quelqu’un qui se gare. Bon, si c’était un livreur de pizzas, cela ne m’énerverait pas. Si c’était n’importe qui, finalement, cela m’énerverait pas.
Sans la pensée tout va bien.
Et sans la pensée, je vais peut être pouvoir remarquer qu’il est blessé ou qu’il boite. Peut-être qu’il essaie de se rapprocher, qu’il a des courses à porter…
Et donc sans la pensée, je suis sereine.
« Ce voisin est envahissant » – eh bien je suis vraiment idiote de croire ça.
Et ce voisin n’est pas envahissant, il a peut-être simplement mal aux pieds ou il a quelqu’un dans sa voiture… Enfin vraiment tout ça va changer. Je vais avoir plein de preuves.
Et à partir de ce moment, je peux lui dire : « Est-ce que vous avez besoin d’aide ? » et il peut me répondre « Non, non, ça va, mais je me suis dit… »
Ça va me confirmer que c’était moi qui avait fait fausse route.
Donc là c’est un exemple un peu imaginaire, mais cela vaut le coup d’aller voir dans nos réalités quotidiennes parce que cela se passe tout le temps.
Et c’est pour cela que la feuille de travail de Byron Katie, s’appelle « juger votre voisin » parce que c’est un exemple tellement classique ces histoires de territoire avec les voisins.
